
L’équipe française Ligier a toujours été très politique, utilisant Giscard ou encore Mitterrand pour obtenir des moteurs Renault ou des sponsors juteux. Mais quand en 1997, la France cherche un repreneur, Jacques Chirac pense à l’idole de la F1 française : Alain Prost.
Le quadruple champion du monde Alain Prost traînait dans les paddocks depuis la fin de sa carrière en 1993, rêvant d’un jour gérer une écurie. Ce rêve, sur le papier impossible, devient réalité quand le Président de la République Jacques Chirac, lui demande de reprendre Ligier. Prost accepte car les conditions sont très attirantes :
De gros sponsors avec Canal + et Gauloises ainsi qu’un accord pour des moteurs Peugeot gratuits pendant 5 ans, ils devront arriver en 1998 pour finir le contrat avec Mugen-Honda et laisser la marque au Lion se préparer.
Sauf que le monde est cruel et que le français vient de creuser sa tombe.
Échec et mat sur l’échiquier politique
Chirac dissout l’Assemblée Nationale mais perd les législatives anticipées, c’est l’heure de la cohabitation avec la Gauche et Lionel Jospin. Par conséquent, le soutien des sponsors est divisé par deux. Puis Peugeot décide de changer l’accord au dernier moment : le contrat n’est plus que de 3 ans et que les moteurs seront maintenant payants.
Prost ne peut plus reculer malheureusement et naît début 1997, Prost Grand Prix. En même temps que Stewart Ford, du nom de Jackie Stewart, lui aussi team manager de l’équipe.
Si 1997 commence très bien, la blessure de Panis au Canada marque un coup d’arrêt.

L’italien Jarno Trulli fait des miracles pendant son intérim (manquant de peu une victoire en Autriche) au point d’être recruté pour remplacer Shinji Nakano à partir de 1998. Mais la chute est vertigineuse pour l’écurie française.
2000 sera l’année de la discorde.
Peugeot enfume son monde
Peugeot produit un moteur abominable qui cassera plus de 60 fois sur la saison et les critiques de Prost et Jean Alesi, pilote de l’écurie, sur le moteur mène à une grève des ingénieurs de la marque au lion lors du GP de France. Aucun point n’est marqué sur la saison malgré un Alesi vaillant et un Nick Heidfeld prometteur.
La débâcle est totale et si les sponsors trouvés par l’équipe pour cette saison sont prometteurs puisque ils viennent d’un Internet en plein boom, la malchance poursuit l’équipe. Le krach d’internet en 2000 les poussent tous à arrêter leur collaboration les français, en même temps que la mise à la porte du motoriste Peugeot.
2001 sera un long chemin de croix, malgré le moteur Ferrari, l’équipe se traîne. Alesi part et laisse sa place à Frentzen qui donne le sourire en se qualifiant en 4ème place à Spa, avant de caler sur la grille. Burti termine sa carrière en F1 avec un crash effrayant quelques tours plus tard.

L’équipe est en vente à la fin de la saison. Un consortium arabe souhaite racheter l’équipe mais le 11 septembre arrive et les investissements du Moyen-Orient disparaissent. L’acharnement de Prost ne peut rien, l’écurie est placé en redressement judiciaire avant de déposer le bilan début 2002.