Stage chez 90min

90min on va faire simple, ça n’a de média que le nom et c’est géré par des imbéciles. Au moins c’est clair on peut y aller.

Lors de ce stage, effectué en duo avec Romain, je n’ai eu qu’à rédiger des articles de 201 mots vides et sans possibilité de prendre un quelconque recul ainsi que des comptes-rendus qu’il fallait rendre tellement vite qu’on a pas vraiment regardé de match pendant deux mois. Les rares articles qui sortent de ces deux missions étaient rares et tous nos projets d’interview et autres reportages sont tombés à l’eau bien vite. C’était écrit sur la convention qu’il y aurait la possibilité d’en réaliser, il n’y a jamais eu ne serait-ce qu’une vague proposition balancée dans le vent.

Le Google Drive des articles (screen pris après mon départ).

Nous devions prendre, sans réelle réflexion, des sujets d’articles sur le Google Docs pour ensuite les transformer en textes sans vie, comme nous en les écrivant finalement. Il faut dire que les directives sur les trois points en haut des articles ont créé le monstre “Le FC Barcelone mène La Liga” qui doit être sur une trentaine d’articles au grand minimum. Une fois fini, il fallait ajouter un lien en bas vers d’autres articles (imaginez, un trou noir dans un trou noir). Après, c’était les tags (il fallait gratter pour en trouver 10 et ça finissait par des ajouts car la personne ou le club n’est mentionné qu’une seule fois) et enfin la meta description. C’est rapide 150-200 caractères à mettre, mais rendre vide du vide, c’est difficile physiquement et mentalement.

C’est ici que l’on devait écrire. Et c’est aussi intéressant à regarder qu’à utiliser.

La surproduction mène à une sorte de zombification

Sans surprise, la qualité des articles en a pâti et sur la fin, c’était un combat entre moi et ma santé mentale pour déblatérer autant de vide. Et avec un total de 286 articles de minimum 201 mots, cela donne 57 486 mots soit 7,34% de la Bible. Maintenant si on ajoute les 269 articles de Romain, on arrive à 555 articles soit 111 555 mots soit 14,24% de la Bible. En 45 jours de travail.

Le tout pour qu’au final, la qualité soit si basse que je ne souhaite ni les garder ni les revoir à l’avenir.

Abordons rapidement les comptes-rendus. Prenez toute la base des articles, et ajoutez-y les 11 notes de joueurs d’une équipe. À faire tout seul. Un plaisir quand il faut rendre ça dès le coup de sifflet final. Résultat, à partir de la 80ème, quasiment toutes les notes sont arrêtées et on se retrouve à corriger nos fautes et à faire des trucs annexes.

Évidemment, l’analyse des matchs était lamentable. Certains joueurs avaient trois lignes pour dire, sans le dire : “je l’ai pas vu pas de bol.” Et puis de toute façon, on mettait des notes et on venait nous les changer quand on voulait tenter un peu d’analyse… Raphinha fallait tout le temps dire que c’était le meilleur joueur du monde, même quand il était nul. Parce qu’il ne fallait pas brusquer les joueurs qui pourraient lire selon eux.

Ils ont cru qu’ils étaient importants c’est mignon.

Les différents employés que nous avons croisés pensaient tous travailler pour un grand média. De notre maître de stage, Quentin, à Olivier et en passant par Ilies… Je n’espère pas avoir à retravailler ces gens qui défendent l’IA parce qu’ils l’utilisent plus que de raison et qui n’ont comme seul objectif que de faire plus de clics que la veille. Le journalisme, c’est pas ça et ils n’en sont pas.

Une catastrophe sur tous les plans

Au final, on s’est retrouvé à faire ses trucs dans des conditions affreuses et le tout, en se prenant des coups de pression d’Ilies qui vient beugler parce qu’on va soi-disant pas vite. Le compte-rendu où j’ai mis le plus de temps à le rendre, j’ai mis 15 minutes et c’était le premier.

Voilà voilà.

Bref ! Il est compliqué de remplir plus encore ce rapport de stage “petit format” plus que ça. Il y avait moins de diversité que sur un plateau de CNews alors ça ne laisse pas beaucoup de description possible. J’en garde un souvenir misérable et ma dignité ne s’effacera pas derrière un 17. Je les critiquerais toujours ouvertement et je déconseille à n’importe qui d’aller là-bas. Ils ne forment pas, ils cherchent de la main d’œuvre gratuite. Une ambiance d’État du sud au XVIIe siècle.