
Les néerlandais de chez Davilex n’étaient pas réputés pour la qualité de leurs jeux, oscillant entre la bouse et le ridicule. Mais en 2005, alors aux portes de la faillite, ils décident de se surpasser et de sortir un FPS, leur premier… et leur dernier.
Faire un jeu vidéo, c’est pas simple et cher. En faire un bon, ça demande du talent, en faire un nanar, ça demande du génie. C’est pourtant le tour de force réalisé par Davilex en 2005, une petite équipe de néerlandais qui se concentre habituellement sur des jeux de courses médiocres : Paris-Marseille Racing, London Racer, K2000… ils sont nombreux mais c’est leur seule qualité.
Ils s’étaient essayés l’année précédente aux jeux de tir à la troisième personne en ressortant à nouveau une vieille licence à savoir Miami Vice. Mais ici, de la troisième à la première, on passe à la vitesse supérieure, GIGN Anti-Terror Force est leur vrai chef d’œuvre.
Un échauffement aussi musclé que buggé
La première mission du jeu est simple, c’est un centre d’entraînement faisant office de tutoriel. Vous disposez de 10 minutes pour réaliser 4 exercices : un entraînement aux grenades, un au parkour, un aux déplacements (je crois) et enfin, un au tir. Simple sur le papier mais comment dire, c’est déjà le début de la fin. Procédons par étapes.
Les grenades sont buggées, en effet bien que la zone soit coupée en deux et que le jeu demande de tout faire, une seule suffit pour continuer. Si l’on suit un chemin optimisé c’est le parkour qui suit, contentez vous d’appuyer sur la touche d’action jusqu’au bout et vous aurez fait la moitié du tuto. C’est enfin le moment de rentrer dans le grand bâtiment tout gris tout moche. Ici, une zone ouverte demande au joueur de traverser la pièce pour valider l’entraînement… alors qu’un sniper lui tire dessus à balles réelles. Être soldat d’élite, ça se mérite. C’est rigolo tout plein en facile mais c’est une autre paire de manche en moyen et difficile où le sniper semble être une sulfateuse, rendant ce micro-passage presque impossible. Une fois criblé de balles mais en vie, il ne reste que le tir, simple ? C’est l’un des pires passages de tout le jeu.

35 panneaux ennemis sur lesquels tirer, sortant du sol sous certaines conditions, dans un bâtiment de 3 étages aux salles identiques ou presque, le tout dans des mouvements qui donne le tournis. Résister à la nausée ici relève du défi. En plus de ça, il n’est pas rare qu’une cible vous échappe, que le temps soit écoulé et que vous soyez obligé de tout vous retaper. Mais si c’était que ça, ça irait (pas) mais c’est la qu’arrive la surprise : dans certaines versions, il arrive que des panneaux ne sortent jamais, bloquant à jamais le joueur.
Une fois cette enfer terminé, direction la deuxième mission, au 12 Downing Street pour de l’actio… non c’est pas crédible.
L’accident industriel devient flagrant
La visite en Angleterre (pourquoi y envoyer le GIGN ? Parce que.) permet de faire la rencontre des terroristes. Autant le dire tout de suite, leur intelligence les rend redoutables et c’est presque pas sarcastique… si totalement. Quand ils ne restent pas planté là à attendre la mort, ils courent dans les murs ou vous regardent tendrement.

Les otages quant à eux sont sauvés à l’instant où aucun terroriste n’est dans leur pièce, pour autant ils se contentent de rester sagement debout à attendre que le chargement du prochain niveau abrège leurs souffrances. Mais si ce niveau est un amuse-gueule, le suivant la pète.
L’Élysée, le point d’arrêt
Deuxième mission, Jacques Chirac est retenu en otage et c’est au joueur, seul, face à 40 terroristes, de le sauver. Au moins, on ne peut pas leur reprocher de ne pas mettre d’enjeux. Ce niveau fait la part belle à l’infiltration. Comprenez donc que vous pouvez faire tout et n’importe quoi du moment qu’aucun méchant n’est proche et que si un d’eux vous voit, tuez-le sur le champ ou c’est fini. C’est dans cette mission que vous les entendrez dire « ON NOUS ATTAQUE », parfois à plusieurs, faisant bugger le son. Et ce petit cri est souvent suivi de « TUEZ LES OTAGES », synonyme d’échec. Si ça prête à sourire les premières fois, la salle de la mort va vous faire changer d’avis.

Avec de plusieurs adversaires, tous assez éloignés et parfois dans des angles morts, il est obligatoire de rentrer pour espérer éliminer tout le monde et continuer. Si en facile, il est possible de se reposer sur un bug pour passer, en normal ça tient du miracle. Dans le monde où vous vous en sortez, vous pouvez continuer votre route pour le seul véritable intérêt de ce jeu.

Une fois rejoint et sauvé, vous devez simplement éliminer tous les terroristes pour terminer la mission. Encore une fois, comme à l’entrainement, ceux-ci se bloquent régulièrement dans des murs, rendant impossible quelconque fin.
Troisième mission… Non, le reste est bien plus insipide et manque du génie du début, la dernière mission envoie le joueur arrêter un missile nucléaire pour une fin non spoilée ici car il faut la vivre pour comprendre.
Qu’en retenir ?
Pas grand chose.
Un naufrage presque touchant
Le jeu est à jeter quasi intégralement, pourtant, on peut voir qu’il y a presque un peu de bonne volonté au début. Celle-ci disparaît après l’Élysée pour laisser place à des niveaux très génériques et interchangeables mais ils ont essayé. Si on enlève ce mini peu, le jeu est laid, injouable, buggé et souvent ennuyant mais il a ce goût de reviens-y compliqué à expliquer. Les IA stupides qui tirent dans votre direction sans jamais toucher en facile, le modèle 3D de Chirac recyclé pour faire des otages dans d’autres niveaux, les bugs graphiques… On trouve toujours quelque chose de négatif dessus qui nous pousse à chercher plus encore.
Mais dans toute cette médisance, il est important de reconnaître une chose : le musicien qui s’occupait de la musique d’intro était clairement sous-payé par rapport à la qualité de son travail.