Time And Tide : Hong-Kong fait son cinéma

Sorti en 2000, Time And Tide est venu relancer la carrière d’un grand nom du cinéma après un passage compliqué hors de ses terres.

Légende du cinéma hongkongais, le réalisateur Tsui Hark est invité par Jean-Claude Van Damme à Hollywood. Grand fan de son travail, le belge rêve de travailler avec lui. Cette collaboration amène deux films. Le premier, Double Team sort en 1997 et est un échec critique comme commercial. Le deuxième, Piège à Hong-Kong sort en 1998 pour un résultat similaire sauf que si dans le premier il s’est laissé dépasser par les studios, ici il commande. C’est l’occasion pour lui de se venger des américains et d’expérimenter pour l’avenir.
Il revient aux sources en 2000, dans son pays, avec un nouveau long métrage : Time and Tide.

Tsui Hark passe à l’action

Pour son retour en Asie, il signe l’une de ces plus grandes réussites. Créatif, généreux mais jamais excessif, drôle… Il ne manque pas de qualités. Sa principale étant sa réalisation en général. Vidocq, premier film intégralement en numérique sort en 2001, cela implique donc un tournage en argentique avec des difficultés très différentes. Pourtant, il n’hésite pas à créer des plans uniques. Voici un exemple : vers la moitié du film, une grande scène d’action à lieu dans de gigantesques barres d’immeubles. Un personnage saute par la fenêtre pour prendre la fuite en rappel. Un film hollywoodien mettrait une caméra sur le harnais pour un plan serré, permettant d’utiliser un fond vert et de ne pas s’embêter. Ici, le personnage saute… la caméra fait de même, sans la moindre coupure.

Ultra dynamique, c'est un des plans marquants d'un passage qui en possède déjà plusieurs.

Quelques secondes avant, l’explosion d’un appartement est filmé de l’intérieur, l’occasion d’avoir un plan figé dans le temps, laissant la caméra se balader à travers les flammes. Même si ils sont présent, les effets numériques sont utilisés avec parcimonie… Parce qu’ils sont souvent pas réussis. La 3D est visible bien que ce soit souvent peu gênant sur les gros plans. Mais les flammes sont tout le temps ratées lors qu’elles sont réalisées par ordinateur. La réalisation est soulignée par un montage faisant la part belle à la nervosité et aux cuts brutaux. Mais c’est peut-être un de ses défauts car l’action perd parfois en lisibilité. Si c’est un avantage durant la grande chasse dans les appartements avec ce côté désorientant, c’est dommageable durant certaines scènes de combats, notamment au corps à corps. En revanche, il n’est pas rare de voir des transitions extrêmement travaillées ce qui un vrai plaisir parce que les fondus c’est quand même pas fou.

Une histoire parfois étonnante à suivre

Le scénario est plus ou moins coupé en deux, une première partie qui sert d’exposition des différents enjeux de manière sérieuse mais avec humour souvent puis une deuxième qui devient une immense chasse à l’homme. La première laisse une grande place aux dialogues et reste plutôt calme à tous les niveaux puis un évènement majeur lance la deuxième heure. Celle-ci est bien plus centré sur l’action tout en gagnant beaucoup en rythme. Ca peut rendre le tout plutôt confus parfois et ce n’est pas aidé par la présence d’un langage étranger non traduit à de nombreux moments. En parlant de traduction, parlons VF.

Une version soignée mais pas marquante

La version française possède les talents répondant au nom de Philippe Valmont ou encore Damien Boisseau, ce qui offre un résultat de qualité. Pour autant, elle ne laisse pas une grande marque à la fin du visionnage, le film reste mais le doublage pas particulièrement. Mais il faut saluer le fait qu’elle n’est pas prise par dessus la jambe, les films en dehors d’Hollywood n’ont pas toujours l’attention qu’ils méritent.

Le film est une véritable réussite et possède aujourd’hui une grande réputation parmi les fans de films hongkongais mais pas que ! En 2001 (le film étant sorti le 15 décembre 2001 dans l’Hexagone), Les Cahiers Du Cinéma le placèrent quatrième au classement des films de l’année.
Son succès permit à Tsui Hark de ne pas s’enfoncer après une épopée américaine qui aurait tuée la carrière de beaucoup de réalisateurs. Xavier Gans par exemple ne survivra pas à son passage sur la côte ouest après un « Hitman » raté, en partie à cause des studios qui lui ont retiré le director’s cut. Celui qui apprit le métier sur Double Team est aujourd’hui un réalisateur de seconde zone.

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