MSR et PGR : Project Gotham Racing 2, l’aboutissement d’une série

Crédit : SteamGridDB

Project Gotham Racing était un succès et sa suite fait l’objet d’attentes, une nouvelle mission pour Bizarre Creations. Le studio de Liverpool profite des hausses de budgets et du gain d’expérience pour livrer son meilleur épisode à ce jour.

Fort du succès du premier opus, Bizarre Creation se lance dans un deuxième volet de la série. Le jeu se doit de faire mieux que son prédécesseur tout en ouvrant un peu plus la formule aux nouveaux joueurs. Car, soyons honnêtes, PGR comme MSR, ils ne sont pas des plus accueillants. Fini le bleu foncé, on laisse la place au rouge et à des menus dynamiques, on affine le choix de voitures pour la carrière et ce n’est plus 3 mais 5 médailles disponibles pour améliorer encore son accessibilité.

Du contenu et des difficultés

Côté voitures, c’est 102 véhicules qui répondent présents de la Miata à la CLK GTR en passant par le Renault Spider ou encore la Morgan Aero 8. Réparties sur plus d’une vingtaine de catégories, elles possèdent de véritables différences dans leur comportement d’une catégorie à l’autre ou même en son sein. Exemple, dans le premier « chapitre » du jeu, si vous ne prenez pas la Ford Focus (c’est la seule meilleure voiture spoilée ici) Certaines médailles de platine se compliquent beaucoup pour rien.
Et vous avez vraiment, mais alors VRAIMENT pas besoin de ça.

Un virage qui donne vite des cauchemars mais qui vous trouverez rapidement gentil

En effet, d’acier à argent, c’est plutôt simple. Or, ça peut être compliqué parfois. Platine C’EST PARFOIS PUTAIN D’IMPOSSIBLE.

Exemple simple : Vous lancez le premier défi cône, vous prenez la Focus et au moment de sélectionner votre difficulté, vous pouvez observer que le nombre de kudos (oui ils sont toujours en place, simplement le fonctionnement varie reviendra dessus) nécessaire est absurdement élevé en platine.
Vous vous lancez quand même, vous essayez et c’est un échec. Vous retentez, échec, encore une fois, échec. Et vous comprenez, pour parvenir au platine, il faut être en combo du début à la fin, SANS. AUCUNE. ERREUR.

Drift, vitesse, portes, burn… tout est bon pour garder le sacre au saint combo. Les écarts entre les portes deviendront votre pire ennemi. Pourtant, plus vous allez loin dans le jeu, moins c’est difficile. En effet, faire n’importe quoi d’une Focus c’est plus contrôlable mais plus punitif qu’avec une 360 Modena.

Représentation de l’expérience moyenne

(Si vous souhaitez passer cette partie, allez à l’intertitre suivant)

Un des derniers défi cônes vous met au volant d’une 550 Maranello et très vite on voit que la route est serrée, que les gap entre les portes sont grands et suffisant pour vous empêcher de rusher. Vous décidez alors de faire ce que vous faites d’habitude avec de la glisse, de la vitesse et en général, une performance descriptible par le simple mot « Trust ». Il vous faut un nombre d’essais incalculable pour avoir une tentative correct quand le temps vous arrête.

Après un bon coup de rage, vous retentez, vous refaites un nombre d’essais halucinant et lors de votre seconde bonne tentative, cela se reproduit, vous perdez au temps.

Vous commencez alors à penser que ce n’est pas la bonne voiture. Vous en prenez d’autres, c’est encore pire. Cela est absurde mais vous décidez d’aller regarder la solution, il utilise la 550 Maranello et annonce que c’est l’une des médailles les plus difficiles du jeu.
Vous reprenez la manette, direction le champ de bataille. Mais rien à faire, des heures et des heures à devenir fou, à refaire en boucle la même chose, à faire 30 fois la même erreur, à perdre 30 fois le combo sur cette petite ligne droite là, à perdre trop de vitesse dans un drift, à rester accroché en voulant le déclencher, à taper un mur après une minuscule faute en entrée, à patiner en sortie jusqu’à l’échec de trop.

Vous décidez alors de foncer partout pour tout détruire, sans tenir compte de rien. Ca calme pas vraiment mais tant pis, c’est ça ou une manette en miettes. Et en faisant ça…

C’est la révélation.

Si vous faites le bon nombre de points, en quoi foncer jusqu’à la fin en défonçant tout pose problème ? Le jeu ne vous y empêche pas après tout. Vous avez votre plan, il est temps de l’exécuter.

Les tentatives s’enchaînent sans succès, même comme ça, cette médaille se montre redoutable. Puis vient LA tentative, LA tentative de l’espoir, celle qui permet d’espérer de voire la suite. Le nombre de points est le bon, il ne reste qu’à foncer pour espérer en voir le bout. La pression est au maximum, aucune erreur n’est possible. La voiture paraît lente en ligne droite, instable en virage mais vous tenez bon. Le relief du dernier virage pose un défi de taille, le moindre écart et c’est la glissade finale. Pourtant vous avez pas le temps d’être prudent, l’aiguille de la montre approche du zéro, celle du compteur du 230. Un freinage brutal, un arrière joueur, la seule solution ? Prier.

Puis le miracle, rien ne tape, la ligne droite finale dure de longues secondes mais c’est fait, enfin.

De la variété appuyée par une jouabilité imbattable

Continuons avec les radars, pas besoin d’expliquer l’objectif, simplement en platine, ça se joue au kilomètre près. C’est frustrant parfois mais rien d’insurmontable, c’est très court et ça se relance immédiatement donc bon, un grand nombre de tentatives est plus acceptable.
Les tours infernaux, courses chrono, courses de rues ou les épreuves de dépassements, le roster ne change pas de ces prédécesseurs mais sa grande diversité permet d’avoir des chapitres variés. Et heureusement parce que vous allez y passer un moment, certaines épreuves sont difficiles mais on s’y fait comme les courses de rues. Sauf les défis cônes de L’ENFER, jamais avec eux.

Si on parle purement gameplay, la maniabilité est clinique. Rare sont les fautes que le joueur peut imputer au jeu, cela n’empêche pas une grande mauvaise foi. Peu importe la catégorie peu importe la voiture, cela répond toujours même si certains modèles se montrent plus capricieux. Mais sa précision et la technique qu’elle demande rend sa maîtrise incroyablement satisfaisante. Regarder un record du monde sur ce jeu c’est comme regarder un médaillé d’or en patinage artistique.

Un SUV ou une Catheram, le mystère reste total.

Une réussite globale

Le jeu est un succès critique et commercial, faisant de Project Gotham Racing une des licences phares d’une Xbox en difficulté face à la PS2 de Sony et la Gamecube de Nintendo. Le studio britannique a encore frappé juste, s’appuyant sur sa formule habituelle tout en la perfectionnant. Il a laissé des mémoires impérissables, notamment dans les chasses au platine. Ces platines, si difficiles à obtenir, qui offrent la voiture ultime, celle qui faisait rêver les joueurs, la Cerbera Speed 12.

Rien à rajouter, une œuvre d’art

Après ça, viendra pour le lancement de l’Xbox 360 en 2005, un PGR 3 magnifique mais bien plus mitigé en termes de qualité. Un bon jeu mais qui marque le début de la fin pour la série.