Andrea De Cesaris : l’italien fou qui cassait tout.

Pilote de F1 de 1980 à 1994, il a plus souvent su vriller que briller. (Eurosport)

En 14 saisons, De Cesaris aura marqué, à sa manière, sa génération. Une vitesse exceptionnelle mais une piètre intelligence de course, le Romain visita les podiums comme les talus.

18 châssis. En 15 week-ends. C’est le bilan d’Andrea de Cesaris pour sa première saison complète en 1981. Le team principal de McLaren, Ron Dennis, le renvoie logiquement. « De Crasheris » doit déjà retrouver un baquet pour 1982.

Vaillant mais pas Michel

Alfa Romeo le récupère sauf qu’italien + italien, c’est comme le Coca Mentos, ça explose à la première occasion. La saison est complexe mais il s’illustre avec une pole position à Long Beach au volant d’une voiture faisant acte de présence. Il finit dans le mur. Mais il réalise son premier podium à Monaco où personne ne semble vouloir terminer… Sa voiture tombe en panne d’essence dans le dernier tour et il finit 3ème, sans même franchir la ligne.

Cocasse.

1983 sera meilleure avec une huitième place au championnat, deux podiums qui auraient pu être des victoires mais sa fougue, mélangée à une mécanique purement italienne, font de l’Alfa une machine à fumée hors pair.
1985, l’année de SA figure. En Autriche, une roue dans l’herbe l’envoie en tonneaux, fait rarissime en F1. Le journaliste belge Pierre Van Vliet l’entend à son retour « Ma ! J’ai fait oune pétite tête-à-quou… ». Guy Ligier est furieux : « J’ai plus les moyens de payer ce type. » Il est viré sur le champ.

Les abandons d’Andrea De Cesaris : le numéro 22 chez votre marchand de journaux

Une huitième place au Mexique en 1986 vient clore une série bien terne, 18 abandons consécutifs. Il entame 1987 avec plus d’espoirs, rejoignant une équipe Brabham sur le déclin… pour 22 abandons consécutifs entre 1986 et 1988, un record. Sans Mexique 1986, il aurait enchaîné 41 abandons.

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Pourtant, lors du Grand Prix de Belgique 1987, il est classé 3ème… dans les mêmes conditions qu’à Monaco 1982. 1991 fait office de chant du cygne. Arrivé dans la nouvelle équipe Jordan, il va vite et sur la piste ! Il amène même sa 191 aux couleurs 7Up en seconde place à Spa ! Mais à trois tours de la fin, son moteur Ford rend l’âme, mettant le Romain sur la touche.

Le presque calme après la tempête

Ses 3 dernières années sont plus sages, l’âge faisant son œuvre. Mais 1992 vient marquer sa carrière. De la Hongrie au Japon, il signe 5 arrivées consécutives, les 5 dans le top 10 et 2 dans les points ! Sa dernière saison en 1994, il la doit aux crashs d’Irvine et de Wendlinger qu’il remplace.

Son 208ème et dernier Grand Prix vit un 147ème abandon, sur une panne d’accélérateur. Lui qui ne le lâchait jamais, il fut forcé de lever le pied. Sauber essaya de prolonger son intérim, Wendlinger étant inapte à reprendre le volant, mais il était parti en vacances.

Contrairement à nombres de pilotes, il ne fit rien après son passage en F1 et se contenta de vivre loin des paddocks.

Jusqu’à ce qu’en 2005, un championnat du nom de Grand Prix Masters, réunissant de vieilles gloires fasse appel à Laffite, Patrese, Mansell et évidemment, De Crasheris… Manque plus que Kenji Fukasaku à la réalisation pour un nouveau Battle Royale. Il s’illustra par sa vitesse et un abandon (question d’habitude) mais aussi en étant le seul pilote à réellement travailler avec les ingénieurs, les autres étant au golf.

Malheureusement, il trouva la mort dans un accident de moto le 5 octobre 2014 à Rome, sa ville natale.
Il avait 55 ans.