MSR et PGR : Metropolis Street Racer, premier essai et premier succès


Les jeux de courses « simcade » (des simulations détendues avec des éléments arcades) sont un thème en crise, notamment avec EA et leurs jeux F1 pires d’année en année. Mais du côté des jeux arcades, le vide est total. L’un des tout derniers bastions, PGR, vit son dernier épisode en 2007.

Pour comprendre la série, il faut remonter au 3 novembre 2000, date de sortie de MSR… Pas d’erreur ici. Bizarre Creations sort sur une Dreamcast en plein naufrage Metropolis Street Racer, le premier de la série des PGR. Malgré son statut d’ainé, il est considéré par beaucoup comme le meilleur de la série tant il est novateur à tous les niveaux. Avec ses 40 voitures et ses 232 circuits placés dans les grandes métropoles du monde, le jeu est ambitieux mais SEGA a offert un soutien colossal pour avoir son jeu de course dans le line-up de sortie. Mais sans succès.
Le jeu est repoussé et ne sortira qu’en fin de vie de la console, 8 mois après la sortie de la PS2 au Japon et seulement 21 jours avant sa sortie en Europe.

Une jouabilité aux petits oignons

Compliqué à dire en réalité. Le jeu a des qualités indéniables comme sa conduite très satisfaisante et laissant une grande place à l’attaque. Mais ce n’est pas Outrun non plus (jouez à Outrun 2006 vraiment), il reste technique et aller vite sans devenir une partie du décor demande un temps d’adaptation. Mais qu’est-ce que c’est satisfaisant ! Une fois entraîné, la voiture réagit au quart de seconde et le joueur se surprend à vite frôler les murs ou aux dépassements fous. Enfin, il faut réaliser tout ça avec des voitures qui ne vendent pas vraiment du rêve, du moins au début.

3 voitures sont disponibles pour commencer. A chaque fois un défi pour pouvoir la posséder. Ici, ce sera la MGF, lente mais vaillante. Cela envoie le joueur dans le mode carrière avec la première course, un tour chrono. Ensuite… euh, c’est quoi ce truc là ?

Un écran déroutant et né pour vous pousser à prendre de mauvaises décisions

C’est l’un des points majeurs du jeu, pour chaque épreuve, c’est au joueur de choisir l’objectif, celui-ci détermine le nombre de kudos que vous obtiendrez à la fin. C’est un système intelligent parce que si une course vous ennuie, il suffit de la mettre en extra facile et de se rattraper sur d’autres.
Mais pour avancer dans les 25 chapitres qui composent ce mode, il faut atteindre un montant en kudos ce qui se fait naturellement sur les premières étapes.

Après, le jeu se déroule à un déroulement assez classique, 10 épreuves par chapitre avec des courses de rue, des tours chrono, des courses aux dépassements, des 1 contre 1 ou encore des championnats.
Oui, 10 épreuves, par chapitre, y’en a 25, est-ce nécessaire d’expliquer que le jeu a une excellente durée de vie ?

Pour rappel, tout ça tient sur 1,2Go, la taille maximale autorisée par les GD-ROM de la console de SEGA. Comment ça marche ? Et bien en découpant plus de 80 circuits dans les 3 villes du jeu que sont San Francisco, Tokyo et Londres.

Bizarre tente et avec succès

Au lancement, le jeu demande de confirmer l’heure, une fois fait, 3 horloges sont présentes en haut à droite du menu, correspondant aux 3 villes du jeu. Pourquoi ? Parce que le cycle jour/nuit. Oui, ce jeu met beaucoup d’efforts dans certains détails (comme le pilote qui change les vitesses). Mais c’est extrêmement immersif de rouler la nuit à Londres parce que vous jouez à une heure du matin. Côté défaut, on pourra avancer un décor sans vie, des IA qui semblent rubberbandées (comprenez qu’elles peuvent tricher pour vous rattraper) ou encore une répétitivité importante du mode carrière avec le même nombre d’épreuve pour chaque étape.

Pour un premier jet, c’est une réussite totale. Fluide, beau, maniable, rempli de contenu, fun… On lui pardonne ses quelques petits défauts pour profiter d’un des meilleurs jeux de course de la Dreamcast. Alors que y’a vraiment de la concurrence en face. Bizarre Creation a profité de toute son expérience sur F1 95 et 97 pour délivrer un sans-faute. (petite aparté : le système de caméra est l’exact même sur les 3 jeux, de leur positionnement aux touches, en même temps, pourquoi changer un truc qui fonctionne.)

MSR à gauche, F1 97 à droite, ce n’est pas frappant ici mais jouez aux deux et ça vous sautera aux yeux

Mais courant 2001, SEGA perd trop d’argent et arrête la production de sa console. Mais Microsoft y voit une occasion. En effet, leur nouvelle console est en développement et elle a cruellement besoin de jeux pour son lancement, le 15 novembre 2001. La date arrive, la Xbox avec ainsi qu’une boite verte à la couverture bleue arborant une Ferrari F50, PGR est né.